Hors-série Technowhatever
Une veille hors-série sur tout ce qui touche au technowhatever. Cette idée a éclos suite à la lecture d’échanges par voix d’articles entre Evgeny Morozov et Cédric Durand au sujet de l’usage du terme technoféodalisme. On sent poindre tout de même plutôt une lutte de chapelles marxistes ou (marxiennes).
Mais pour débuter, j’ai choisi une publication en deux volets autour de la technocritique qui permette de cadrer le débat et le placer dans une profondeur temporel.
Une dernière partie est consacrée au technofascisme, terme porté principalement par Olivier Tesquet et Nastasia Hadjadji.
Cette page a vocation à être enrichie au fil du temps et des productions que je croiserai.
Technocritique
Arrêtons-nous un instant sur ce geste : casser. Un geste simple et efficace, tout comme il est radical et a été jugé illégal.
la technocritique se manifeste sous différentes formes. La technocritique n’est pas une pratique uniforme et homogène, mais doit être saisie dans sa pluralité.
Technoféodalisme
Mais la gauche raffole d’une idée à laquelle on peut reconnaître le charme du charlatanisme : l’industrie de la tech serait en train de tuer le capitalisme. La critique du techno-féodalisme constitue son créneau éditorial le plus porteur et les diagnostics apocalyptiques se multiplient plus vite encore que les start-up de la Silicon Valley.
La réminiscence féodale renvoie aux rapports de dépendance, à l’effacement de la frontière entre économique et politique et à la prééminence d’une logique de prédation fondée sur l’extension du domaine du contrôle.
Texte long mais très précieux, puisque contrairement aux autres, il cherche déjà à tracer les contours du/des féodalismes. Point de départ bien nécessaire pour ensuite évaluer la pertinence du concept de technoféodalisme.
La leçon a en tirer, et qui a toute son importance ici, c’est que la société féodale est d’abord et avant tout une société qui recherche des liens de stabilité, certes relatifs, mais dont l’objectif n’est certainement pas une domination destructrice.
On peut formuler des hypothèses de lecture de l’histoire pour comprendre le monde contemporain avec des clés qui permettent de soulever des problématiques. Cependant, en histoire, l’anachronisme ne pardonne pas.
Jouer à se faire peur, c’est la mode du moment. Même chez ceux dont on pourrait croire être plus éclairés face aux dynamiques de pouvoir contemporaines.
Technofascisme
Après Rennes et Paris, ATR a créé des groupes locaux à Grenoble, Nantes et Lyon. Un essaimage qui correspond à une stratégie en trois phases : d’abord recruter, puis faciliter l’action de groupes clandestins pour préparer l’après par l’autonomisation, et enfin relayer les actions de ces groupes clandestins pour « empêcher le système de se relever ».
Dans un projet libertarien autoritaire, il y a besoin d’avoir des armes et des outils technologiques qui vont permettre de maintenir l’ordre, parce que la transformation de la société ne peut pas se faire sans violence. Sans oublier l’énergie.
- En podcast chez Trenchtech, Nastasia Hadjadji et Olivier Tesquet - Technofascisme
Technopunk
Le papillonnage, la sérendipité sont l’essence de l’être humain. Et, cerise sur le gâteau, il est impossible de comptabiliser, de quantifier ce genre de lecteurs. Un usage autrefois normal, mais aujourd’hui incroyablement rebelle et anticapitaliste du web. Un usage technopunk !
La philosophie punk, à la base, c’est le refus total de la mode, de la tendance. Être technopunk, c’est donc se passionner pour les technologies vieilles, ennuyantes, sans budget marketing.
Technopolice
- Récension de l’ouvrage Technopolice. La surveillance policière à l’ère de l’intelligence artificielle par Félix Tréguer.
La notion de « technopolice » est ainsi posée comme néologisme pour désigner ce qui est identifié ici comme bien plus qu’une technique mais comme une politique de surveillance plus généralisée, dans la continuité du schéma interprétatif proposé par Michel Foucault dans ses différents travaux sur les technologies de surveillance et de contrôle des populations (Foucault, 1975, 2004).